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La Touraine,
"le plus
grand verger de France", c'est ainsi qu'on surnomme, depuis
Rabelais, cette région fertile et nourricière, où fruits et
légumes poussent à profusion. C'est ici que Rabelais a été
"nourri, jeune, au jardin de France" (Pantagruel).
Ce terroir unique qui prodigue caviar, truffe et saumon.
Charcuteries, fromages, fruits et légumes. Entre châteaux,
vins et nourritures terrestres, tout est là.
Commençons donc par ce qui a assuré la réputation de la
Touraine: ses asperges, petits pois, brugnons, abricots et
autres reinettes. Bref, son aspect "verger de la France",
selon l'expression convenue mais, pour le coup, parfaitement
juste.
Il serait toutefois injuste de réduire la gastronomie de
cette région à un simple "verger de la France", vignobles
compris.

Que serait la Touraine sans la Loire, ce
fleuve majestueux, impétueux, qui a nourri des générations
entières au fil des siècles ? Qui offre brochets, tanches,
mulets ou friture (gougeons et ablettes). La lamproie aussi,
un drôle de poisson que Rabelais adorait.
Truffe, caviar, saumon... Avant Versailles, les châteaux de
la Loire étaient la première demeure des rois de France, ce
qui explique une gastronomie riche et princière. Mais pas
seulement, cette cuisine recèle aussi une forte
tradition paysanne et populaire, qui perdure avec les
rillons et la fressure (cœur, rate, foie et poumons).
Le Val de Loire fait également partie des grandes régions viticoles
française, à la fois en terme de superficie cultivée et pour
la qualité de ses productions. Réputés pour leur
légèreté et leur typicité, les vins du Val de Loire savent accompagner harmonieusement
toutes les cuisines.
Entre les fruits, les légumes, le fromage ou les rillettes
la région regorge de produits à déguster sur place ou chez
soi.
La charcuterie est aussi l'une des nombreuses fiertés
tourangelles. Goûtez aux rillettes, si particulières, et aux
rillons, dés de poitrines de porc entrelardés, rissolés et
confits entiers dans leur graisse de cuisson. Essayez la
délicieuse quiche tourangelle, qui allie ces mets en
finesse. L'andouillette, et l'andouille de Vouvray, se
consomment à toutes les sauces, à toute cuisson, et
s'accompagnent de tout vin (de Touraine bien entendu!). Les
entrées de la région mêlent souvent la charcuterie au
célèbre fromage de chèvre de Sainte-Maure, et aux pommes, un
fruit dont la Touraine vante vigoureusement les mérites. Les
quantités produites sont importantes : 70000 tonnes par an
pour une collection de 16 variétés. Là-bas, la pomme y est
consommée comme la pomme de terre.
Variées sont les salades, et savoureuse est la tartine
Grangousier, une tranche de pain dorée recouverte de crème,
œufs, jambon et chèvre.
La pomme accompagne couramment les plats, tel le saumon,
qui fourmillait autrefois dans les eaux de la Loire. Les
Tourangeaux consomment davantage la sandre aujourd'hui, en
escalope et au vin de Vouvray.
Que dire du coq au vin de Chinon, une jolie ville aux accents
médiévaux, située au bord de la Vienne, qui appartient au
patrimoine culturel de la région. Quant à la géline de
Touraine, surnommée "dame noire", elle vient d'obtenir le
label rouge. La géline est la poule commune originaire des
basses-cours locales du XIXe siècle. Cette race de poules de
couleur noire est reconnue comme l'une des meilleures du
pays.
Le "chèvre de Sainte-Maure", le roi des fromages
tourangeaux, s'apprécie aussi sur un simple morceau de pain,
avec une tomate fraîche, ou nature.
Et pour le dessert ?
On y retrouve bien évidemment la pomme. D'abord dans la
tarte des sœurs Tatin, la fameuse tarte tatin aux pommes
caramélisées renversées, dont la recette fut élaborée à
partir d'une maladresse, comme d'habitude.
Découvrez le sabayon de golden, une crème vanillée au vin
blanc accompagné de pommes.
Régalez-vous de pets-de-nonne, délicieuses boules de pâte à
chou frites dans l'huile, auxquelles on ajoute du miel. Dans
le même registre, les casse-museau : pets-de-nonne farcis de
crème pâtissière. On les appelle ainsi car les enfants du
XVe siècle, privés de sucreries depuis le début du carême,
se jetaient avidement dessus le jour du Samedi saint, et se
couvraient le "museau" de crème.
Goûtez aux fouaces, si chères à Rabelais. Elles sont en
vente dans toutes les boulangeries locales, comme le nougat
de Tours à la reine des reinettes, aux pommes bien entendu...
(2010).
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